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Alabama Song - Gilles Leroy

Quatrième de couv’

Alabama, 1918. Quand Zelda, «Belle du Sud», rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes…
Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister… Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand «roman américain».

 

Avis

Il en est qui se cachent pour voler, pour tuer, pour trahir, pour aimer, pour jouir. Moi, j’ai dû me cacher pour écrire. J’avais vingt ans à peine que déjà je tombai sous l’emprise – l’empire – d’un homme à peine plus vieux que moi qui voulait décider de ma vie et s’y prit très mal.

Roman semi biographique qui retrace la vie de Zelda Sayre, fille de notable de l’Alabama, et de Francis Scott Fitzgerald, soldat et écrivain en devenir.

J'ai dit à maman que vous seriez demain le plus grand écrivain du pays et après-demain le plus grand écrivain au monde. Maman a dit que j'étais folle.

Une éducation stricte n’empêchera pas Zelda de se rebeller et de se laisser séduire dans une sorte de débauche comme le figure les mœurs de l’époque, celles d’avant la Première guerre mondiale. Nous revivons les joies, les drames et surtout les déboires des Fitzgerald à travers les années et du point de vue de Zelda.

La seule hygiène de vie qui vaille, c'est l'excès, l'extrême. C'est se consumer avec panache en donnant tout de soi 

Amour fou et destruction pendant les années folles, succès et déclin de Francis, révolte et passion de Zelda.

« J’aime le péril… les précipices…, les dés qu’on jette étourdiment en pariant sa vie entière, et je n’attends même pas qu’ils aient fini de rouler pour décider de ma ruine. Me perdre, j’aime aussi, à l’occasion. C’est moi. Rien ne m’en guérira. »

Le texte fait corps avec l’esprit de Zelda, sa région natale, sa relation avec Fitz, sa vie de femme, son désarroi face aux épreuves, l’homosexualité refoulée de Fitz et son alcoolisme, les scandales et la folie dissimulée de Zelda. Un texte sur deux êtres qui s’aiment mais se détruisent, où l’un éclate à la lumière au détriment de l’autre.

Les hommes : d'eux-mêmes ils disent qu'ils sont "tourmentés", et c'est si élégant, si romantique, le signe de leur distinction supérieure. De nous, à peine nous déraillons, ils disent que nous somme hystériques, schizophrènes - bonnes à enfermer, c'est sûr.

Jusqu’à sa mort Zelda est dépeinte comme une femme piétinée par le destin, détruite par son mari mais pourtant toujours admirative de Fitz,. Roman sur un amour étrange et triste qui m’a beaucoup marqué et cette phrase qui résume bien ce que fut la vie de Zelda : un gâchis et une fuite.

Le vent d’ici souffle trop fort, il emporte les voix, il emporte les mots, il emporte avec lui les derniers grains de sable de la plage de Fréjus qui crissaient sous les dents. Le vent d’ici me chasse.

Adieu Zelda. Ce fut un honneur.

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