Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


Présentation

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.
Pourquoi une telle horreur est-possible? 
Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?
Jean Teulé a reconstitué avec une précision redoutable chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'histoire du XIXe siècle en France. 

 

Le premier magistrat de la commune s'avance d'un pas vers de Monéys et s'adresse à ceux qui le tirent par les chevilles:
- Ôtez cet homme de là. Il gêne la circulation. Emmenez-le plus loin.
Antony, effondré, soupire. Buisson et Mazière demandent à Bernard Mathieu:
- Pour en faire quoi, plus loin?...
- Ce que vous voudrez! répond le maire totalement dépassé par les événements. Mangez-le si vous voulez.

Avis

Une histoire totalement invraisemblable et pourtant vraie. L’histoire du calvaire d’un homme et de la folie et de la cruauté de villageois, pour la plupart ses amis, emportés par une fièvre vengeresse dans cette France en pleine guerre contre la Prusse.

En ce 16 Août 1870 c’est le jour de la foire annuelle de Hautefaye en Dordogne, Alain de Monéys, notable nouvellement élu, s’y rend afin de régler quelques affaires en cours et retrouver ses compagnons.

Suite à un malentendu le voilà pris à partie par quelques villageois. Dans ce contexte de guerre et de défaites de l’empereur les esprits s’échauffent, on ne sait comment M. de Monéys est pris pour un prussien… le lynchage commence. Des scènes d’horreurs décrites dans le détail amplifient la sauvagerie des actes, du laisser-faire du maire, du cannibalisme.

Il est fort appréciable que ce récit ne fasse que quelques pages car je n’aurais pas pu en lire davantage tant le sadisme y est à son paroxysme.

Je n’en reviens toujours pas de tout ce qu’à pu endurer cet homme, un homme dont la bonté sera citée par ses amis devenus déments, devenus ses bourreaux ; Et de son espoir, qu’ils entendent raison et ouvrent les yeux, résumé en une phrase : «  Dites à ma mère que je serai en retard ».

L’auteur nous rend le parcours du « condamné » plus réel encore avec les petites cartes qui agrémentent chaque chapitre, chaque sentence. Mais je trouve dommage que Jean Teulé n’est pas approfondie davantage l’état d’esprit de ses personnages, les scènes violentes y sont parfaitement décrites mais il manque tout de même ce petit plus qui nous permettrait de nous imprégner de l’atmosphère, de l’endroit.

Effroyable !

Tag(s) : #Livres, #Teulé, #Julliard

Partager cet article

Repost 0