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Présentation

Toute la noirceur du monde « Je ne supporte plus les mous. Les mous attirent les coups. On imagine les sons flasques dans les chairs... Quoi qu'il en soit, sur l'enveloppe de la lettre, il y avait une flamme tricolore. La Présidente m'avait donc répondu. » À cinquante ans, Jean Valmore, enseignant désabusé et écrivain de romans noirs non publiés, bascule progressivement dans la folie meurtrière. Il « tire » sur tout et tout le monde : un monde envahi par la mollesse et la médiocrité, les femmes, l'enseignement, les étrangers. À travers ce personnage, Pierre Mérot met en scène la noirceur qui hante nos sociétés séduites par l'extrémisme et gagnées par le mépris et la haine de l'autre. Avec la férocité et l'humour qu'on lui connaît, il nous tend ainsi le miroir terrible de ce que l'on se refuse souvent à voir.

Au fond, jusque-là, ce qui m’avait manqué, c’était de n’avoir pas pris conscience que j’étais une saine pourriture ou, plus banalement, comme beaucoup d’autres, une personne activement immorale, opportuniste, avide, terrestre, se foutant pas mal de ses semblables, douée d’indifférence ou de mépris à leur égard, prête à les écraser pour jouir, faire de l’argent, obtenir des distinctions ou une position dominante quelle qu’elle soit. Oui, à cinquante ans, il était temps que je songe activement à moi, à moi seul.

Avis

Roman maudit, roman noir ce livre aborde un sujet qui peut faire scandale s’il n’est pas traité avec un léger humour et lu en ce sens.  Jean Valmore, enseignant de philosophie de cinquante ans dans un lycée et écrivain, est poussé à se mettre en arrêt maladie afin de calmer les tensions suite à des propos racistes.
Son caractère odieux et dépressif en fait un personnage à la morale douteuse, se rapprochant d’un parti d’extrême droite Jean Valmore va se révéler un bien bel atout pour leurs opérations de « nettoyage » et un mentor pour un lycéen se sentant le destin d’un dictateur.

Oumar est la risée de la classe, non seulement à cause de sa laideur [...], mais surtout en raison de sa folie et de ses positions politiques. Son père tient une petite épicerie. Le soir, Oumar le remplace. Le matin, il a les yeux cernés. Moi, je l'aime bien, c'est un ovni et, contrairement à ses camarades, il suit l'actualité et possède une vraie culture. Certes, elle est un peu spéciale. Il veut devenir dictateur.

Que dire de plus sur cet être haineux à part qu’il envoi valser sa prétendu petite amie et collègue, qu’il profite d’une ancienne élève devenue prostituée et qu’il « se débarrasse » d’une prostituée nigériane de Pigalle. Mais au fil des pages le lecteur se rend bien compte que le racisme n’est pas l’objet de la haine du personnage principal mais plutôt l’inculture et la mollesse qui rend la majeure partie du monde d’une telle bêtise que ça lui en est insupportable. C’est pour cette raison qu’il s’en prend à quasi tout le monde : les écologistes, le lycée qui l’embauche, le monde de l’édition, les femmes … et le lecteur lui-même.

Si vous êtes encore là, penchés sur ces lignes comme une cuvette de w.-c., c’est que vous n’êtes pas non plus très recommandables.

Une certaine nervosité prend possession du lecteur, les idées tranchées et les actions de cet anti-héros, vivant encore avec l’ombre de sa femme disparue, mettent mal à l’aise et démontrent toute la noirceur de ce monde. Même si ce livre se révèle dérangeant il est réellement intéressant de lire l’histoire de cet homme détruit et d’en tirer, chacun à sa façon, des leçons.

Lu dans le cadre du Challenge Les anciens sont de sortis proposé par Stephi du Blog

Mille et une frasques

Tag(s) : #Livres, #Mérot, #Flammarion

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