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Blog en travaux !

Avec Dieu au goulag - Walter J. Ciszek avec Daniel Flaherty

Témoignage d’un jésuite interné 23 ans en Sibérie.

Editions des béatitudes

 

Présentation

Capturé par l’armée russe durant la Seconde Guerre mondiale, accusé d’être un « espion du Vatican », Walter J. Ciszek, prêtre jésuite américain, a passé vingt-trois ans dans les prisons soviétiques et les camps de travail de Sibérie entre 1940 et 1963.


Son livre présente un intérêt historique certain car très peu de témoignages ont été édités sur le ministère des prêtres catholiques dans les camps soviétiques durant cette période. Mais il est avant tout le récit d’un itinéraire spirituel impressionnant que le père Ciszek a accepté de rédiger parce qu’après son retour aux Etats-Unis, on lui demandait comment il avait pu surmonter pareilles épreuves.


Avec beaucoup de simplicité, il relate les événements auxquels il a été confronté – les cinq ans d’emprisonnement à la Lubianca, le travail dans les mines de sel en Sibérie, etc. – et qui l’on conduit à un long dépouillement, mais aussi à un abandon de plus en plus confiant à la Providence, à une sérénité intérieure grâce à laquelle il a pu se préserver de « l’arrogance du mal » qui l’entourait. Il rapporte son désarroi, ses souffrances mais aussi le cheminement intérieur qu’il a été amené à faire jusqu’à considérer tout événement, grâces ou épreuves, comme un don de Dieu et une expression de Sa volonté. Cela lui a donné la force de tenir bon et d’exercer ensuite son ministère avec discrétion mais audace dans les conditions extrêmement éprouvantes des camps puis des villes de Sibérie.

Un cheminement humain hors du commun et une odyssée spirituelle unique.

 

Walter J. Ciszek, SJ, prêtre jésuite américain d’origine polonaise, est né en 1904 et mort en 1984. Après son noviciat aux États-Unis et deux ans d’études au Collège Pontifical Russe à Rome, il est envoyé en mission en Pologne puis en Russie.

En un mot, pour eux, les prêtres étaient des pervers. Les plus instruits des prisonniers ou les membres de base du Parti communiste avaient intégré de fausses images de l’Église par le biais des tracts communistes, dans lesquels on présentait les soi-disant erreurs, défaillances, abus et injustices de l’Église. Un prêtre, à leurs yeux, était au mieux un homme décalé qui n'avait pas sa place dans la société socialiste et au pire un dupe au service de l’Église qui n'était elle-même bien évidemment qu'un outil aux mains des capitalistes!

Avis

Un jeune jésuite américain part pour la Pologne après avoir terminé ses études au Collège pontifical de Rome, son espoir est de pouvoir pratiquer en Russie après un temps en Pologne mais le début de la guerre et l’entrée des allemands et communistes en Pologne mettent à mal ses projets. Il quitte sa paroisse et sous le couvert d’ouvrier volontaire pour une entreprise de bois il entre en Russie. La déception remplace vite la joie d’être arrivée dans ce pays, ici les prêtres catholiques sont mal venus et inspire la crainte car même s’il est autorisé à pratiquer sa religion en privée  il est par contre interdit de tenter de faire adhérer d’autres personnes, de se réunir et de célébrer la messe.

Un prêtre doit pouvoir aider ses ouailles dans la pratique de leur religion, de les aider dans leur vie et malgré l’interdiction Walter Ciszek fait son devoir avec passion ; et pour cela il sera arrêté, accusé d’espionnage.

Durant cinq and il est enfermé à la prison de la Loubianka, cinq années d’interrogatoires et d’isolement avant de partir pour la Sibérie dans un camp de travaux forcés pendant quinze ans puis enfin une libération, une semi-liberté.

Les personnes qui quittent un camp de prisonniers ne sont pas vraiment libres ; à la place du passeport émis pour chaque citoyen soviétique, les anciens prisonniers ont droit à ce que l’on appelle un « document de libération », qui est en réalité un certificat indiquant que vous avez achevé votre peine. Il convient ici de faire une distinction. Un prisonnier peut être entièrement réhabilité et libéré, ou bien seulement partiellement, ce qui était mon cas.


Cet ouvrage retrace les épreuves subies par ce prêtre mais aussi ses doutes et sa fidélité en sa foi en Dieu qui lui a permis d’affronter toutes ces afflictions, chaque chapitre apporte une part de son expérience et une part du cheminement de sa foi pour y faire face, donc beaucoup de références religieuses qui tiennent beaucoup de place dans le récit et qui a un peu plombé cette expérience douloureuse dans un goulag car il y a peu de description de la vie dans ce camp. C’est dommage.

Je suis arrivée au bout du récit tout de même. D’une lecture aisée et fluide ce récit, même s’il s’adresse en particulier à un lectorat aux penchants très religieux voire simplement à la recherche de réflexions sur la foi, reste un témoignage important au niveau historique.

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