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Dieu vous bénisse, monsieur Rosewater - Kurt Vonnegut

Editions Gallmeister

Parution le 03/04/2014

Traduit par Gwilym Tonnerre

Va là où se trouvent les riches et les puissants, lui dirais-je, et apprends leurs manières. On peut les flatter ou on peut leur faire peur. Fais-leur immensément plaisir ou immensément peur, et une nuit sans lune ils poseront le doigt sur les lèvres, te demanderont de ne plus faire un bruit. Et ils te guideront dans l'obscurité jusqu'à la rivière de richesse la plus large et la plus profonde que l'homme ait jamais connue. On t'indiquera ta place sur la rive, et on te donnera un seau rien que pour toi. Lape autant qu'il te plaira, mais ce faisant, essaie de ne pas faire trop de raffut. Un pauvre pourrait t'entendre.

 

Présentation

Riche héritier, pompier bénévole, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, passablement porté sur la bouteille, Eliot Rosewater ne se reconnaît pas dans la devise de sa famille : "Prendre trop, bien trop, ou se retrouver sans rien." Lui préférant de loin "Nom de Dieu, il faut être bon", Eliot part appliquer sa maxime aux âmes qui vivent sur ses terres, dans le comté de Rosewater, Indiana. Là, en doux dingue, il répond aux appels au feu et aux appels à l'aide des infortunés. Mais le personnage principal de cette fable sur les gens est une somme d'argent qu'un avocat véreux tente d'empocher.

Avec un humour décapant et un esprit affûté, Kurt Vonnegut, immense figure de la littérature américaine, conte la destinée d'un illuminé qui a décidé d’en finir avec le capitalisme.

 

A propos du livre

Paru pour la première fois en 1965 aux États-Unis, le livre fut traduit aux éditions du Seuil en 1976 sous le titre R comme Rosewater, édition épuisée depuis plusieurs années. Le livre s'est vendu à plus de 350 000 exemplaires en Amérique. Enseigné aux États-Unis, Kurt Vonnegut fait partie des classiques incontournables de la littérature américaine.

Le personnage principal de cette fable sur les gens est une somme d’argent, tout comme le personnage principal d’une fable sur les abeilles pourrait être une somme de miel. Cette somme s’élevait à 87 472 033,61 dollars au 1er juin 1964, pour choisir une date. C’est ce jour-là qu’elle attira l’œil alerte d’un jeune avocat véreux nommé Norman Mushari.
L’intéressante somme rapportait 3 500 000 dollars par an, presque 10 000 $ par jour – dimanches compris.
On avait fait de cette somme le cœur d’une fondation culturelle et caritative en 1947, quand Norman Mushari n’avait que six ans. Avant cela, il s’était agi de la quatorzième fortune familiale d’Amérique, la fortune Rosewater

Avis

Je débute cette chronique sans vraiment savoir de quoi je vais vous parler tant cette lecture m’a paru étrange, une somme d’argent, un homme paumé, un avocat avide … un peu de tout ce que la société peut créer se retrouve dans ce roman.

Eliot Rosewater est certes riche et à la tête d’une des plus grosses fortunes des Etats-Unis, né de bonne famille, il est malgré tout alcoolique et dérangé. Pourtant cet homme était destiné à un grand avenir de plus il est marié avec une femme belle et intelligente qui n’arrive plus à suivre la cadence. De son côté Eliot n’est pas heureux et un beau jour il quitte New York pour rejoindre la ville de Rosewater, berceau de la famille, dans l’Indiana où il vivra paisiblement entre deux téléphones celui pour la caserne des pompiers dont il tirera la sonnette d’alarme en cas d’alerte incendie, et celui pour la Fondation Rosewater qui compense le chagrin de la population à coup de chèques.

Ne vous suicidez pas. Appelez la Fondation Rosewater.

Cette fable humaine qui date toute de même des années 60 aurait dans une certaine mesure toute sa place dans notre société actuelle, les puissants toujours aussi puissants et les faibles dans le ruisseau. L’espoir n’est plus au changement de situation et avec des idées acérées l’auteur nous décrit la société américaine : les grands hommes en costume cravate qui dirigent le pays à coup de dollars et espère juste faire perdurer la lignée, les défavorisé qui resteront pauvres parce que trop paresseux, ceux qui envient constamment la chance des autres et ceux qui ne sont jamais satisfait. Joli panorama !

Il est tout de même évident que ce récit tente de provoquer un cas de conscience, pourquoi qualifier un homme qui veut aider son prochain de fou et lui demandant d’entrer dans le moule ? En tout cas ce que j’ai retenu de ce récit est l’atteinte à la liberté personnelle de chacun de vivre comme bon lui semble et qu’apparemment l’argent est réellement un bon moyen de faire le bonheur quelqu’un.

Agréable lecture qui lie la critique à l’humour.

Tag(s) : #Livres, #Gallmeister, #Vonnegut

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