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Sélection Mars Prix des Lecteurs LDP 2015

 

Il y a des vies minuscules, on ne se rend pas compte. Ce n’est pas une question de temps, on pourrait tous vivre quatre-vingts ans, ça ne changerait rien. Il y a des vies qui sont immenses, qui ont embrassé toutes les dimensions du monde. Et il y a des vies sèches et linéaires, comme des pailles à cocktail mâchonnées encore et encore. J’avais tellement peur de ça. Tu n’as pas peur de ça ?

 

Présentation

Une maison en bois près de la gare Nyugati, à Budapest. C’est là, au bord des rails, que les Mándy vivent de génération en génération. Le jeune Imre grandit dans un univers opaque, mélancolique, de non-dits et de secrets, où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l’effondrement de l’URSS, qui fait entrer dans la vie d’Imre les sex-shops, le consumérisme, et Kerstin, une Allemande, incarnation de l’Ouest libre et heureux. Car si le régime a changé, Imre sait bien que ce bonheur-là n’est pas pour lui. Un roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et nostalgie, qui peint et révèle les êtres dans leurs contradictions et leur fragilité.

 

Avis

Dans ce roman on observe la Hongrie à travers quatre personnages plongés dans le passé et la tristesse. La famille Mandy vit, depuis plusieurs générations, à Budapest près de la gare de Nyugati, près des voies ferrées et des déchets que les voyageurs balancent par les vitres des trains. Tous les aînés garçons naissent Imre sauf le fils Pàl.

C'était le grand-père du grand-père qui avait acheté le terrain au temps lointain

où il n'était qu'un champ

Le grand-père alcoolique, qui maudit Staline, a perdu l’usage d’une jambe lors de l’insurrection de 1956, un lourd secret emprisonne son cœur et le tourmente.  

Pàl travaillait comme vendeur de sandwiches à la gare où il rencontra Idilko rêvant de délivrer des billets de trains vers un ailleurs lointains au lieu des éternelles destinations intérieures, malheureusement le communisme empêchait ce genre de folie. Un mariage et deux enfants après Imre nous raconte l’histoire familiale, le secret qui les empêche d’avancer et l’histoire de la Hongrie pendant les trente années qui l’ont bouleversé. En essayant de se soustraire à la mélancolie qui règne dans cette maison, Imre découvre le travail, les sex-shops et cette jeune allemande qui représente son eldorado, le bonheur qui lui manque tant.

 

Je n’ai pas beaucoup accroché au roman au début, je voyais ces personnages quasi immobiles voyant défilé l’Histoire devant leurs yeux sans réagir, et cette maison qui fait fuir et mourir les femmes. J’ignorais où l’auteure voulait nous embarquer. Les destins entremêlés d’un pays et de cette famille avec tous les drames que l’ont peut rencontrer : la mort d’une grand-mère, d’une mère, le viol, l’abandon, ce sont des thèmes très dur qui sont pourtant traités sans trop de noirceur.

Ces personnages fatigués d’une existence morne et pathétique, qui subissent une vie qu’ils n’ont pas choisie, se rendent compte que finalement la mort n’est pas une si mauvaise solution pour arrêter de souffrir, car le malheur c’est qu’aucun des membres de cette famille ne décide de prendre sa vie en main et de tracer sa voie, de rêver à un avenir meilleur.

Un récit qui laisse peu de place à l’espoir, c’est un bien sombre dimanche.

Tag(s) : #Livres, #LivredePoche, #Prix des lecteurs, #Zeniter

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