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"L'absence de finalité donnée à la vie devenue une condition de l'action". Malraux

Présentation

Qu’ont en commun Lawrence d’Arabie, l’écrivain André Malraux et le conspirateur prussien Von Salomon ? « Peut-être s’agit-il des derniers hommes d’action », répond Roger Stéphane. Dans cet essai, il confronte ces trois destins exceptionnels que tout semble opposer et brosse, à partir de leurs similitudes, un portrait de l’Aventurier des temps modernes. Réflexion sur l’action et l’engagement, la vie et la mort, ce livre est l’un des grands classiques de « l’esprit d’aventure » qui ne cesse d’animer les hommes.

Il publie en 1950 aux Editions du Sagittaire de son ami Léon Pierre-Quint Portrait de l'aventurier, remarquable essai sur trois hommes d'action, T.E. Lawrence, André Malraux et Ernst von Salomon, qui tentèrent de subordonnée l'histoire à leurs propres destins, livre d'amitié sur ceux qui agissent, "sans espérance, sans illusion", guidés seulement par le désespoir ou la lucidité.

Avis

Curieux du monde et des hommes, Roger Stéphane est un auteur aventurier des sociétés, résistant pendant la guerre, nous livre dans Portrait de l'aventurier un essai sur trois grandes figures en liant leur vie et leur destin. La préface signé Jean-Paul Sartre relève les similitudes et différences qui existent entre un aventurier tel qu'on se le conçoit et le militant d'un Parti politique, tous deux agissant pour le bien d'une société et le respect de valeurs.
Le livre est divisé en deux partie, la première qui m'a paru très fastidieuse pose le problème de l'Action, de ses motifs et buts pour cela l'auteur utilise des références littéraires et historiques rattachées à Lawrence, Malraux et Von Salomon. Certaines idées sont assez complexes, rattachant l'aventurier à la solitude et à son engagement, souvent ignorant de la finalité de ses actions.

Von Salomon sait très bien qu'il lutte dans la nuit. Lawrence combat dans l'équivoque et la duplicité. Malraux réduit à plaisir l'enjeu de son combat.
Par une singulière coïncidence, comme pour souligner la fragilité de leur engagement, chacun d'eux décrit longuement une confrontation avec un traître. Et dans chacun de ces cas, le traître sort indemne, comme si son éventuelle éxécution n'était pas à la mesure de l'enjeu de la lutte.

Une analyse de l'état d'esprit d'un aventurier, militant ou tout autre qui agit pour le compte d'une communauté d'individus, qui fuit la solitude par l'action pour finir par se retrouver encercler par ce qu'il a tenté de fuir, reconnaissant sa défaite.
Toujours est-il qu'au terme de son aventure, le condottiere se retrouve seul: dans une solitude que ne trompe plus aucun espoir; dans une solitude qu'aggrave sa désillusion.

Ce n'est pas un essai très "joyeux" sur la condition et le rôle extraordinaire de l'aventurier le transformant en héros national, en lisant cet essai j'ai aperçu un individu utilisé tel un pion dans des batailles qui le dépasse, renonçant au final à toute volonté ou espoir d'améliorer les chose, la finalité d'une action étant toujours l'échec.

J'ai été tout de même plus intéressée par la deuxième partie de l'ouvrage que l'auteur intitule "précisions" et qui n'est autre qu'une biographie de Lawrence (la plus longue et plus captivante), Malraux et Von Salomon, et qui éclaire beaucoup la première partie.

Ce fut une lecture difficile pendant laquelle j'ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière pour comprendre l'idée de l'auteur, le sens de "son action", malgré ces points négatifs cet ouvrage décrit ce qui a animé ces grands hommes: l'esprit d'aventure.
 

Tag(s) : #Essais, #Points, #Stephane

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