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Présentation
J'allais faire un tour du quartier tous les matins, je venais d'arriver, je m'éloignais progressivement de ma rue de façon géométrique, ajoutant des carrés aux carrés en me repérant aux affiches et à d'autres détails ; je n'avais pas de cartes, je ne voulais pas faire touriste. Elle a fini par me demander d'où je venais, une question qui a présidé à toutes les rencontres que j'ai faites, une entremise polie de la curiosité pour m'aborder. Quand ça me cassait les pieds je répondais de Pologne, d'Europe de l'Est, les communistes quoi et ça refroidissait, c'était crédible ; tout de suite ça faisait moins européen. J'ai aussi été italienne, mais enfin, française, c'était ce qu'il y avait de mieux. 
Lorsque la narratrice arrive à New York, dans les années quatre-vingt, elle n'y connaît personne. Pas à pas, elle va découvrir la ville. Rien ne semble l'effrayer ni même l'étonner : ce monde nouveau, elle l'appréhende à sa manière tranquille, sensitive et sensible. Arpentant New York comme la campagne de son enfance, c'est-à-dire ouverte à toutes les surprises et à tous les possibles, attentive aux détails, aux choses et aux individus... Avec son style inimitable, fait de fragments de sa vie quotidienne, tantôt cocasses tantôt émouvants, Emmanuelle Guattari dresse le portrait iconoclaste d'une New York très personnelle.

Avis
Ce récit nous emmène à la découverte du New York des années 80 tel que l'a découvert Emmanuelle Guattari. Elle a tout juste 18 ans et un anglais pauvre lorsqu'elle embarque pour les Etats-Unis. Aucun contact sur place à part un ami lointain de son père et un petit appartement  de Brooklyn qu'elle partage avec trois étudiants, alors chaque jour elle se promène et découvre une partie de cette grande ville, parfois ses pas l'emmène dans des coins pas très fréquentables, mais c'est surtout des gens qu'elle rencontre dont elle nous parle dans ce livre et la plupart du temps ils leurs manque une case.

Je n'arrive plus à me repérer; je décide de renoncer et de retourner vers Times Square. Mais impossible de m'orienter. Je marche en me disant que je vais bien arriver quelque part. Soudain, en face, un très grand type marche vers moi à grandes enjambées en gesticulant et crie qu'est-ce que tu fais là toi?

C'est dans son propre quartier qu'elle découvrira ce mélange de personnes si différentes provenant du monde entier, l'auteure nous parle de son amie Céline aux monologues interminable, ou encore de Janice la SDF, et grâce à ses pérégrinations l'auteure nous donne un aperçu de la nourriture ou plutôt la junkfood comme l'appelle aujourd'hui. 

Depuis longtemps, le quartier où je loge est une mosaïque de nationalités, qui occupent chacune un certain nombre de rues, sur lesquelles elles impriment leur marque.

Un passage m'a fait sourire car il concerne son observation de curieuses activités autour des voitures : Il faut vous dire que je viens de m'apercevoir récemment que tout ce qui touche de près ou de loin aux voitures dans ce quartier semble illicite ou relever du bricolage louche, du trafic. En une nuit, en quelques heures parfois de jour, une voiture est violemment dépecée.

Ce récit, l'histoire d'une aventure, apparaît comme une analyse ethnologique. Par petit chapitre, parfois quelques lignes, Emmanuelle Guattari décrit des instants de vie, un vécu de jeunesse aux milles petites histoires qui se termine à Saint-Germain-des-Prés un 15 Août:

Je suis en train d'attendre pour traverser la rue. Une fille à côté me dit, toi tu vis à New York. Pourquoi tu me dis ça? Parce qu'il n'y a qu'une New-Yorkaise pour porter des collants noirs opaques quand il fait trente degrés.

Tag(s) : #Livres, #Mercure, #Guattari

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