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Présentation
Guylain Vignolles est préposé au pilon et mène une existence maussade et solitaire, rythmée par ses allers-retours quotidiens à l’usine. Chaque matin en allant travailler, comme pour se laver des livres broyés, il lit à voix haute dans le RER de 6H27 les quelques feuillets qu’il a sauvé la veille des dents de fer de la Zerstor 500, le mastodonte mécanique dont il est le servant.
Un jour, Guylain découvre les textes d’une mystérieuse inconnue qui vont changer le cours de sa vie…

Avis
J'associe ce livre à un conte de fées moderne. Le liseur du 6h27 est Guylain Vignolles, son métier le contraint à broyer des livres invendus et ceci ne l'enchante guère mais il arrive de temps en temps à sauver quelques pages de la Zestor, cette broyeuse infernale, qu'il lit  le lendemain dans le RER de 6h27. Ce n'est pas une lecture silencieuse mais à haute voix et chacun dans le wagon est heureux de pouvoir retrouver un peu de gaîtée dans cette lecture partagée avant d'affronter une dure journée de labeur.

Guylain est un solitaire, il vit dans un appartement minuscule et a pour seuls amis un ancien employé de l'usine qui a perdu ses jambes dans la Zestor et le gardien de l'usine qui ne s'exprime qu'en alexandrins. Sa vie se résume donc au slogan démoralisant de "Métro-boulot-dodo" jusqu'à sa rencontre avec deux dames âgées, véritables fans, qui lui propose de faire une lecture privée mais le "privé" est en fait une salle remplie de vieillards ... et oui il s'agit en fait d'une maison de retraite. Le récit assez morne du début acquiert un peu de mordant avec l'entrée de ces personnages attendrissants. Mais l'évènement qui va changer son existence est la trouvaille un beau matin d'une clé USB restée coincée dans le strapontin du RER et renfermant de nombreux textes, un véritable journal intime.

Un livre plein d'optimisme faute d'y trouver de la bonne humeur et il ne faut surtout pas que le lecteur se laisse anéantir par l'atmosphère déprimante du début. J'ai été touché et surprise par ce cul-de-jatte qui rachète tous les livres imprimés grâce au papier recyclé le jour où il a perdu ses jambe dans la Zestor, j'ai énormément apprécié l'humour de cette dame-pipi et émerveillée par le gardien d'usine. Guylain m'a paru être le fil conducteur entre tous ses personnages, semant ici et là un peu de bonheur et de tendresse dans la vie de tout ce petit monde, avant que l'auteur n'y sème à son tour une petite intrigue amoureuse qui m'a fait écrire au début de cette chronique que ce livre est à n'en pas douter un conte de fées moderne.

Tag(s) : #Livres, #AuDiableVauvert, #Didierlaurent

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