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C'est grâce à Babélio en partenariat avec les Editions Plon que j'ai pu me rendre à la présentation du quatrième roman de Sylvie Gibert, L'atelier des poisons. L'histoire est celle d'une jeune femme désirant vivre de sa peinture à une époque il ne fait pas bon vouloir trop s'émanciper et surtout s'instruire.

Paris, 1880. A l'académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n'est pas facile. L'apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d'un véritable talent et, surtout, d'une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles.
Du talent, Zélie Murineau n'en manque pas. De la force de caractère non plus. N'a-t-elle pas déjà prouvé qu'elle était prête à tout pour parvenir à ses fins ? Pourtant, lorsque Alexandre d'Arbourg, le commissaire du quartier du Palais-Royal, lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d'autres motifs ? Même si elle en connaît les risques, elle n'est pas en mesure de refuser le marché que lui propose le beau commissaire : elle sera donc " ses yeux ".
Des auberges mal famées jusqu'aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l'aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences.

Sylvie Gibert nous parle de son roman et d'où lui est venu l'idée d'écrire sur des femmes peintres du XIXème siècle. C'est un tableau d'Amélie Beaury-Saurel, une femme peintre inconnue du grand public et élève de l'Académie Julian. L'atelier des poisons va naître de cette "rencontre" et de la lecture du journal de Marie Bashkirtseff. Cette peinture audacieuse montre une femme se laissant aller à une table devant un café et fumant une cigarette, une représentation bien loin de la vision que l'on se fait d'une femme au foyer.  L'Académie Julian était d'ailleurs l'un des premiers établissements a accepté des femmes comme élèves alors que les Beaux Arts leurs étaient absolument interdit. Il est d'ailleurs important de noter que toutes les femmes élèves de l'Académie Julian citées dans le roman mis à part Zélie sont toutes des personnes réelles.
 

Académie Julian

Sylvie Gibert a donc débuté ce roman avec un personnage principal qu'est Zélie Murineau, femme artiste peintre, avant de créer le personnage du commissaire qui servira à dresser le décors de l'époque. De plus l'auteure a voulu créer plusieurs enquêtes basées sur des faits divers de l'époque comme les crises de folie du à de l'alcool frelaté pour éviter que ces enquêtes puissent être transposées à n'importe quelle époque mais définissant bien les années 1880.
C'est aussi avec subtilité que Sylvie Gibert aborde le thème de l'homosexualité, les jeunes filles de l'époque n'ayant pas une grande connaissance de la sexualité pour ne pas dire rien du tout, c'est une des modèles de l'Académie Julian qui approchera Zélie pour tenter de l'avertir sur les penchants d'un autre personnage (je ne peut pas tout dévoiler ce serait dommage).

Il est intéressant de savoir comment l'auteure a réussi à se plonger dans les moeurs des années 1880 pour cela elle nous cite Maupassant, Huysmans et Alphonse Allais qui lui ont donné un aperçu de la condition de la femme et comme dans son propre roman on utilise la parole des hommes pour parler des femmes, mais peut être cela va t-il changer dans son prochain roman qui pourrait se révéler être une suite à L'atelier des poisons mentionnant qu'elle n'en a pas terminé avec ses personnages et souhaite s'orienter vers le féminisme dans les premiers moments de la IIIème République avec probablement un nouveau personnage plus romanesque. Sylvie Gibert nous dévoile aussi s'être plongé dans la cartographie de l'époque pour situer les lieux mais également de cartes postales pour décrire les paysages, elle s'est d'ailleurs rendue dans l'auberge de Bezons si présente dans le roman.

Beaucoup d'échanges et de questions avant une séance de dédicace avec cette auteure très sympathique et qui, outre l'habituelle dédicace, nous a offert un beau portrait d'un des personnage.

Merci Babélio, les Editions Plon et un grand merci à Sylvie Gibert.

Tag(s) : #SalonsFestivals

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