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La rafle des notables - Anne Sinclair

Présentation
La Rafle des notables revient sur un épisode de l’Occupation, peu connu du grand public, où le grand-père paternel d’Anne Sinclair s’est trouvé entraîné.
En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d’entreprise, avocats, écrivains, magistrats : une population privilégiée (d’où le surnom de « notables »). Ils y adjoignent 300 juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy. Ils les enferment tous au camp de Compiègne, sous administration allemande, et qui était un vrai camp de concentration nazi en France, avec famine, manque d’hygiène, maladies, conditions de vie épouvantables par un des hivers les plus froids de la guerre. Une cinquantaine décède dans le camp. Le but est l’extermination, et de fait, c’est de ce camp que partira, en mars 1942, le premier convoi de déportés de France vers Auschwitz (avant juillet 1942 et la Rafle du Vel d’hiv).
Le grand-père paternel d’Anne Sinclair, Léonce, petit chef d’entreprise, a été arrêté, interné à Compiègne et sauvé de la déportation car il était tombé très malade et avait été transféré – toujours détenu - à l’hôpital du Val-de-Grâce d’où sa femme a réussi à le sortir. Ils se cacheront jusqu’à la Libération où il est mort à 63 ans des suites de son internement.

Avis
La rafle des notables est un événement de l'année 1941 dont je n'vais aucune connaissance. Cet épisode de l'occupation a emporté dans ses griffes le grand-père paternel de l'auteure.
Le 12 décembre 1941, l'occupant allemand accompagné par la police française arrête à leur domicile des centaines de notables français parce qu'ils sont juifs. Ce sera en tout 743 personnes arrêtées à leur domicile plus 300 autres, pour la plupart étrangers, détenus à Drancy qui seront emmenées dans le camp de Compiègne-Royallieu où durant 3 mois ils survivront dans la faim, le froid et la maladie avant de prendre le premier convoi pour Auschwitz.
Ces notables sont chefs d'entreprises ou médecins, avocats ou magistrats, retenus dans ce camp de concentration nazi dans lequel malgré la dureté se crée une entraide et une vie culturelle pour oublier au moins pendant une heure les conditions terribles qui y règnent et l'issue plus que fatale qui les attend.

Certains décèdent dans le camps, d'autres seront libérés car trop jeune ou trop malade, étrange ces libérations alors que le régime nazie mettra oeuvre quelques mois plus tard sa funeste machine d'extermination. Anne Sinclair raconte cet épisode sur la base de témoignages et de documents gardés précieusement au Mémorial de Compiègne, et raconte l'histoire de se grand-père qu'elle n'aura pas la chance de connaître puisqu'il mourra à 63 ans peu de temps après sa libération et sa sortie d’hôpital.

Ce sont aussi de nombreux noms de prisonniers qui sont cités, un hommages aussi à certains qui furent décorés par le gouvernement français pour leur participation à la guerre de 14. Ces français qui ne comprennent pas pourquoi du jour au lendemain on ne les assimilent plus au pays dans lequel ils vivent dont pour certains depuis des générations, mais qu'ils sont désormais identifiés de part leur religion.
Premier épisode d'une extermination programmée peu connu et qui mérite pourtant de l'être car les persécutions commençaient à peine à être connue et cette rafle du 12 décembre 1941 fut le début de l'enfer.

Cet essai permet d'honorer les hommes pris dans cet enfer et  à ouvrir les yeux de ceux qui ignorent tout de cet événement. Très bien écrit, clair et sans patho, cet ouvrage est facile à lire et me réjouit qu'il y ait encore des témoignage sur cette période de l'Histoire de France.

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