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L'enchanteresse de Florence - Salman Rushdie

Résumé

Début du 16e siècle, au cœur des Indes: un jeune Florentin qui se fait appeler "Mogor dell'Amore" arrive à la cour d'Akbar, le Grand Moghol. Il prétend être le fils de l'enchanteresse de Florence, femme aux destins multiples, princesse oubliée, mystérieuse détentrice du secret de la jeunesse éternelle. À la cour de la cité impériale, le jeune audacieux se hisse très vite à un rang élevé, mais il tombe en disgrâce à cause de querelles féminines et d'un terrible incendie qui ravage la ville. Redevenu simple citoyen, il disparaît dans le tumulte ambiant. Après son départ, le Grand Moghol est visité en rêve par l'enchanteresse qui lui révèle les origines de l'énigmatique "Mogor dell'Amore". Tandis que l'un de ses fantômes hante les songeries d'Akbar, le cœur de la Florence des Medicis bat au rythme des complots, des fastes et des cruautés. On y frôle le souvenir terrible de Savonarole, on y côtoie le clan des Vespucci et Niccolo Machiaveli... Tous jouent leur rôle dans la légende de l'enchanteresse, leurs destins s'entrecroisent, entre Orient et Occident, mêlant leurs charmes et leurs sorts, la magie étourdissante des Indes et la sulfureuse sensualité florentine.

 
Les extraits

 

La première phrase
Aux dernières lueurs du jour finissant, le lac miroitant qui s'étendait près du palais semblait se transformer en une mer d'or liquide.

 

- Le paradoxe est un nœud qui permet à un homme de se donner l'air intelligent alors qu'il lui ligote l'esprit aussi étroitement qu'un poulet qui va passer à la casserole.

 

- La tristesse des empereurs, tout le monde  le sait, menace la sécurité du monde, car elle peut se muer en faiblesse ou en violence ou les deux à la fois.

 

- Le soleil montait vers son zénith et la chaleur du jour s'abattait sur le pavé somme un énorme gourdin, rendant l'oreille humaine incapable de percevoir le moindre son, faisant trembler l'air comme une antilope effrayée et effaçant presque la frontière entre raison et folie, entre l'imaginaire et le réel.

 

- Comme elle semble arriérée ton Europe renaissante, comme un bébé qui jette son hochet loin de son berceau parce qu'il lui reproche de faire du bruit.

 

Mes phrases préférées
«Il n'y a aucune sagesse particulière en Orient. Les êtres humains sont tous aussi fous les uns que les autres.»

 

«La femme, dit Akbar, détourne votre esprit de la mort, sèche vos larmes brûlantes et calme votre envie de savoir à quoi ressemble le Jugement dernier.»

 

 Morceau choisi

 
Dès qu'il sombrait dans le sommeil, la moitié de l'humanité se mettait à bavarder dans son esprit, lui racontant de merveilleux récits de voyage. Dans ce monde à moitié inconnu, chaque jour lui apportait de nouveaux enchantements. La magie poétique, visionnaire et prophétique du quotidien ne s'était pas encore fracassée contre la réalité prosaïque. Lui-même, le conteur, il avait été arraché à son foyer par des histoires fantastiques, et par l'une d'elle en particulier, une histoire qui allait assurer sa fortune ou bien lui coûter la vie.

 

 

 

Commentaire

 

L’aventure d’un jeune florentin  qui nous mène de la Florence des Médicis à la fastueuse cité indienne de Sikri auprès de celui que l'Orient considère comme le plus magnifique souverain de l'univers et dont l'Occident méconnaît encore très largement la fabuleuse histoire. Ce monarque, dont la splendeur éclipse celles de Soliman le Magnifique et du calife de Bagdad, c'est Akbar. Le Grand Moghol Akbar était musulman et végétarien.

Roman fantasque puisque l’on rencontre aux détours d’une bataille ou d’un voyage Nicolas Machiavel, Laurent le Magnifique, Amerigo Vespucci, le moine intégriste Savonarole, la Simonetta, et même Dracula, le prince des vampires.

Insolent et  mystérieux, grotesque même lorsqu’il se drape de son manteau d’Arlequin, Mogor dell’Amor, ce "prince de l’amour" manie la langue comme un poison, aventurier, magicien, voleur ? On pense bien sûr à un mystificateur, un menteur hors pair mais l’histoire nous mène bien ailleurs là où même le meilleur des conteurs ne saurait le faire.

 

Ce conte débute avec l’arrivée de ce voyageur à la Cour du Grand Moghol avec le titre d’ambassadeur d’Angleterre. Lorsqu’il est démasqué il ne doit sa vie qu’à cette fabuleuse histoire qu’il contera à Akbar, celle des liens qui unissent la cité impériale de Sikri et Florence.

 Car notre étranger, qui prétend être le fils de l'Enchanteresse de Florence, une princesse moghole oubliée et maîtresse d’un soldat florentin dont la beauté tant envoutante et nimbée de pouvoirs mystérieux, affirme également, au mépris de toute cohérence chronologique, être l'oncle d'Akbar le Grand.

 

Histoire exotique pleines d’aventures, de voyage au-delà des terres connues, la simple vision de la couverture m’a attiré vers ce roman, ce conte.  Les amoureux de magie et d’orient en seront comblés !

 

 

Salman Rushdie :

 

«L'un des facteurs unificateurs entre Orient et Occident fut longtemps la magie, explique le romancier, le regard traversé par une lumière malicieuse. Elle a régi les comportements amoureux aussi bien que les actions politiques et il est probable que le meilleur moyen de passer les frontières était de devenir expert en quelque sorcellerie.»

 

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marie 08/04/2009 21:19

ca a l'air prometteur

Stemilou 10/04/2009 10:14


Très bon diagnostic, soeur!!