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A tort ou à raison – Annabelle Léna

 

A tort ou à raison 

Quatrième de couverture

 

Prise d’otages dans un entrepôt.

La violence et l’incompréhension s’abattent sur le quotidien d’innocents.

Ce que veulent les malfrats ? La libération de compatriotes retenus à l’étranger.

Entre forces de l’ordre et bandits, le duel s’envenime. Une femme étrange est coincée dans ce cauchemar. Son corps et son esprit doivent s’adapter pour survivre : prendre le parti de ses ravisseurs ?

Pourquoi pas, si cela permet d’éviter le bain de sang…

 

 

Avis

 

«  Les médias créaient la société et réclamaient du spectacle. Pour être aimé des journalistes, il fallait être mauvais. Les petites communes sans histoires n’avaient aucune chance. Le sang, plus que toute autre arme, détenait ce pouvoir divin de leur insuffler la vie.

-          Ils nous remercieront tous, à se voir à la télévision, comme des stars ! Jamais ils n’auraient  osé en rêver, la mort juste à côté de chez eux. Ces chacals auront plus de peine de voir partir les caméras que pour leurs voisins décédés. »

 

Ce thriller violent et psychologique nous emmène sur les traces d’un groupe de braqueurs hors norme.

Mieux que de piller une banque leur objectif est de s’introduire dans un entrepôt et sous couvert de demander la libération de leurs compagnons emprisonnés afin de se faire passer pour des terroristes, ils vont en fait pirater le système informatique afin de se faire virer des sommes modiques prélevées sur différents comptes bancaires et se constituer ainsi un super magot.

La toile de fond est posée mais se qui fait le « charme », la qualité de ce thriller c’est la dimension psychologique. Non seulement ces braqueurs, qui ont tous un état d’esprit différent et donc des motivations différentes, sont plus terribles les uns que les autres mais ils installent auprès de leur otage une atmosphère glacée, une peur indéfinissable, ils abattent des otages sans remords :

 

« Marc marmonnait pour lui seul. Observant les otages, il hésitait sur chaque visage. Lequel serait le meilleur choix ? Face à lui étaient agenouillées des loques humaines, salies et usées. Ce ramassis d’êtres humains lui inspirait à l’unanimité un profond dégoût. Mais, pour la beauté du geste, il ne fallait en désigner qu’un…

 

[…] Le revolver de Marc appuya l’ordre d’un heurt dans les rotules. L’otage se leva, les jambes engourdies par une station assise de plusieurs heures. Enfin il redressa la tête pour découvrir le visage de Marc tout sourire. Une grimace de plus…

-          Avance

Un coup de révolver dans l’épaule pour indiquer la direction de l’accueil.

-          Paul, appelle-moi ce cher commissaire Feraud.

L’otage transpirait. Des tremblements envahirent ses mains lorsque Paul tendit le combiné à Marc.

-          Commissaire Feraud ? Je libère un otage. Je ne veux voir personne bouger de vôtre côté. C’est compris ?

Puis il raccrocha.

-          Toi c’est ton heure de gloire. Avance.

 

 

[…] Les pas de l’otage résonnaient dans chaque crâne. A ce moment précis, seul ce bruit existait à la surface du globe. L’homme avançait. Sur son visage, le soleil dessinait milles signes étranges. Au loin des gyrophares lui indiquaient le chemin à suivre, là où le monde était en sécurité. Mais dans son dos, Marc dégustait chaque pas, depuis l’embrasure de la porte, comme une caresse obscène. Lorsqu’il fut prêt à jouir, il arma son révolver, visa et tira. L’otage, touché à la nuque, s’écroula. »

 

 

Au-delà du braquage c’est aussi l’histoire d’Angèle, cette réceptionniste qui va devenir otage puis si je puis dire Otage-VIP et échappera ainsi aux tourments infligés aux autres mais surtout à l’un des braqueurs. Une jeune fille un peu paumée qui se parle à elle-même et qui va développer un syndrome de Stockholm.

 

« Chaque jour, Angèle invoquait son amie imaginaire, qu’elle parte en repérage à l’extérieur et qu’elle retrouve Marc. Mais personne ne répondait… L’ex-otage n’y tenait plus. Il fallait qu’il réapparaisse, qu’elle puisse enfin vivre normalement. »

 

Sur un peu plus d’une centaine de page, l’auteure Annabelle Léna (bloggeuse) arrive à insuffler à son récit un rythme fou et une angoisse constante. A la violence et la psychologie se mêle un besoin de reconnaissance qui se développe autour des braqueurs mais aussi d’une de leur victime.

 

Un premier roman très réussi qui annonce, je l’espère, de prochaines publications.

 

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