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Carmilla - Joseph Sheridan Le Fanu

Présentation 

Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive. Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla… Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais « par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ».

 

Avis

 

Contrariée et offensée de me retrouver négligée de la sorte (car tel était mon sentiment), je commençai à geindre, en attendant de me mettre à hurler de bon cœur ; mais, à ce moment précis, je fus tout étonnée de voir un très beau visage à l’expression solennelle en train de me regarder d’un côté du lit. C’était celui d’une jeune fille agenouillée, les mains sous mon couvre-pied. Je la contemplai avec un émerveillement ravi, et cessai de pleurnicher. Elle me caressa de ses mains, puis s’étendit à côté de moi et m’attira contre elle en souriant. Aussitôt, j’éprouvai un calme délicieux et je me rendormis.

Je fus réveillée par la sensation de deux aiguilles qui s’enfonçaient profondément dans ma gorge, et je poussai un cri perçant. La jeune fille s’écarta d’un mouvement brusque, les yeux fixés sur moi, puis se laissa glisser sur le parquet, et, à ce qu’il me sembla, se cacha sous le lit.

 

L’un des premiers écrits de la littérature vampirique enfin passé entre mes mains, publié en 1872 bien avant Dracula de Bram Stoker, ce court récit mélange le romantisme et le cruel, l’amour et la mort.
C’est en Autriche que les faits se déroulent, relatés par Laura jeune fille naïve qui va se retrouver face à un prédateur inconnu jusque là. Ce que l’on perçoit dans ce personnage de Carmilla que l’on retrouve dans celui de Dracula c’est ce mélange de cruauté et de volupté, un mélange diabolique qui fascine. J’ai été étonné par cette approche à une époque encore si prude et m’étonne qu’il ait pu nous parvenir.

Un suspense entretenu jusqu’au bout, une région austère qui se prête à la perfection au style, une écriture simple et une histoire qui va à l’essentiel, pas de fioritures. On est victime de cet envoûtement comme cette chère Laura, fasciné par cette sombre Carmilla.

 

Aujourd’hui encore, l’image de Carmilla me revient en mémoire sous des aspects divers et estompés. Parfois c’est la belle jeune fille enjouée et languide ; parfois le démon aux traits convulsés que je vis dans l’église en ruine. Et j’ai bien souvent tressailli, au cours d’une de mes rêveries, en croyant entendre le pas léger de Carmilla devant la porte du salon.

 

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M

J'ai adoré ce court récit! Malgré un ou deux petits défauts, je crois même l'avoir préféré à Dracula.


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S
J'ai beaucoup aimé aussi mais je trouve l'intrigue bien meilleure chez Dracula