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La blessure et la soif - Laurence Plazenet

Les yeux de M. de La Tour ne quittent plus la femme en face de lui.

Elle est le matin et l’orient.

Elle est tous les jardins, toutes les eaux, les mers à minuit. Elle est la musique qui se tait dans l’obscurité. Les musiciens ont depuis longtemps déposé leurs archets. Les cordes de leurs instruments sont immobiles. Des couvercles peints et dorés que le temps a rabattus comme l’ais des cercueils emprisonnent l’os des claviers. Le chant monte. Il épouse une

vibration silencieuse, tumultueuse, battement altéré de cœurs qui ne communiqueront pas entre eux, bouleversement invisible et sans parole. Cette beauté pure, insaisissable, enfuie, est visitation, éblouissement.

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