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Sunset Park - Paul Auster

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Quatrième de couverture


Parce qu’il s’est toujours senti coupable de la mort accidentelle de son demi-frère, Miles s’est banni de sa propre histoire. Il a quitté sa famille, abandonné ses études, et travaille, en Floride, à débarrasser les maisons désertées par les victimes des subprimes. Amoureux d’une fille trop jeune, passible de détournement de mineure, Miles fait bientôt l’objet d’un chantage et est obligé – encore une fois – de partir. Il trouve alors refuge à Brooklyn où son fidèle ami Bing Nathan squatte une maison délabrée, en compagnie de deux jeunes femmes, elles aussi condamnées à la marge par l’impossibilité d’exprimer ou de faire valoir leurs talents respectifs.

Désormais Miles se trouve géographiquement plus proche de son père, éditeur indépendant qui tente de traverser la crise financière, de sauver sa maison d’édition et de préserver son couple. Confronté à l’écroulement des certitudes de toute une génération, il n’attend qu’une occasion pour renouer avec son fils afin de panser des blessures dont il ignore qu’elles sont inguérissables…


Avec ce roman sur l’extinction des possibles dans une société aussi pathétiquement désorientée qu’elle est démissionnaire, Paul Auster rend hommage à une humanité blessée en quête de sa place dans un monde interdit de mémoire et qui a substitué la violence à l’espoir.

 

 

Avis

 

L’Amérique de Paul Auster est une Amérique en proie à toutes sortes de difficultés notamment financières, il évoque à mots couverts l’état douloureux de son pays après la crise des SubPrimes, la « chute » des Twin et l’effondrement du rêve américain. Pas réellement gai tout ça et pourtant à travers différents personnages gravitant autour de Miles Heller, l’auteur nous transmet l’espoir en l’humanité.

 

Miles est brillant et  issue d’une bonne famille  mais a pourtant tout laissé tomber ses études et sa famille pour s’enfuir loin de New-York, la cause ? Ce sentiment de culpabilité dans la mort de son demi-frère. Il va ainsi sillonner l’Amérique pendant sept ans allant de petits boulots en petits boulots, de galère en galère jusqu’à se poser en Floride et rencontrer Pilar Sanchez cette jeune lycéenne dont il tombe amoureux.

Son job consiste à vider des maisons saisies par les banques après la crise des SubPrimes, mais un différend avec l’une des sœurs de Pilar l’oblige à quitté la Floride pour ne pas se retrouver en prison pour détournement de mineur.

 

C’est le retour à New-York, Brooklyn plus précisément à Sunset Park dans une maison délabrée dans laquelle il retrouve son ami Bing Nathan, marginal dans l’âme et propriétaire d’une boutique l’Hôpital des objets cassés,  et deux autres « co-locataires » Ellen et Alice, fragiles toutes deux et tentant de trouver leur place dans un monde incertain. Une vie agréable qui prendra malheureusement fin.  Ce retour aux sources lui permettra de renouer avec son père éditeur et sa mère actrice.

 

L’Amérique en crise est le thème principalement abordée à travers ces personnages tous aussi déboussolés les uns que les autres, entre problèmes existentiels, de couple ou de travail mais malgré tout la solidarité reste le maître mot entre eux, comme une bouée qui permettra de sauver tout le monde du désastre. L’auteur nous transmet quelques références au baseball par des anecdotes assez démoralisantes et une petite analyse du film "Les plus belles années de notre vie" traitant de la réinsertion des soldats. Vous le constaterez c’est un roman pessimiste mais profond.

 

Des personnages spoliés de leur vie, de leur possible bonheur ; des personnages désenchantés pris dans la tourmente de la crise. Une pluralité de voix pour ce roman mélancolique et empathique à la « Auster »… 

 

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