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Inspiré d’un fait réel étonnant que j’ai découvert à travers ce roman, L’Inconnue du portrait prend pour point central un tableau de Gustav Klimt, peint en 1910 puis retouché en 1917. À l’origine, il représentait une jeune femme au boa et au chapeau, l’épaule dénudée ; après retouche, il montrait une dame coiffée et vêtue plus sobrement. Volé en 1997 puis réapparu en 2019, ce tableau devient le fil conducteur qui relie entre eux différents personnages, à travers plusieurs époques.
L’histoire met en lumière trois personnages principaux : Martha, une jeune fille devenue mère célibataire ; Isidore, son fils ; et Pearl, l’enfant illégitime d’Isidore.
Martha est engagée par une famille bourgeoise pour tenir compagnie à leur fils, afin de l’éloigner des maisons closes de la ville. De cette relation naît un amour qui sera interrompu brutalement par la disparition de Martha, alors enceinte. Si l’on devine d’abord les raisons de ce départ précipité, la lecture révèle peu à peu une vérité plus sombre : un secret de famille soigneusement dissimulé.
Sa rencontre avec Gustav Klimt, bien que jamais racontée directement, place Martha au cœur d’un mystère transgénérationnel. Elle devient ainsi une figure silencieuse mais essentielle, dont l’ombre traverse les époques et lie les destins.
Isidore perd sa mère alors qu’il est encore très jeune. Après un passage par l’orphelinat, il doit apprendre à se débrouiller seul — et il y parvient. Observateur et talentueux, de cireur de chaussures à New York, il finit par bâtir, au fil des années, une entreprise prospère. Mais lorsque la vieillesse et la maladie le rattrapent, il découvre qu’il a eu une fille avec une prostituée. Cette révélation le bouleverse, car elle fait écho à sa propre histoire : lui-même n’a jamais connu son père.
Cette fille illégitime, c’est Pearl. En rencontrant son père biologique, elle noue peu à peu une relation avec lui. Mais surtout, elle découvre l’existence d’un tableau de Gutav Klimt, représentant une femme dont les traits lui rappellent étrangement les siens.
La narration maintient le suspense grâce à de courts chapitres qui s’emboîtent et révèlent peu à peu un secret ainsi que les liens entre les personnages. On découvre aussi l’impact du tableau sur chacun d’eux : d’abord sur le prétendu père d’Isidore, bouleversé de voir Martha représentée de façon jugée indécente et qui demande au peintre de retoucher son œuvre ; puis sur Isidore, qui reconnaît dans ce portrait le visage de sa mère, presque effacé de sa mémoire, accroché au mur de la maison qui l’a rejeté ; enfin sur Pearl, qui s’interroge sans cesse sur l’identité véritable du modèle.
La lecture est à la fois fluide et chargée d’émotion, parfois traversée d’un sentiment de révolte et de mélancolie. Le début, un peu lent, est vite compensé par un récit romanesque et captivant, qui retient l’attention jusqu’à la dernière page. J’ai même eu du mal à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti tant cette lecture m’a profondément marqué.
Ce roman m’a laissé une impression durable (certaine histoire marque, et je n’ai pas lu une ligne pendant une vingtaine de jours après avoir fermé ce livre), teintée de nostalgie et de tristesse. Le destin tragique de Martha m’a particulièrement touché : cette femme dont l’absence traverse l’histoire. Sa fragilité, ses sacrifices et l’injustice de sa vie m’ont bouleversé. L’écriture de Camille de Perretti permet de montrer combien cette existence brisée a continué à marquer les vivants et comment l'art a fait de Martha un mystère.
Présentation de l'éditeur
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« La toile vibrait de beauté. Elle en avait le souffle coupé et se noyait dans l’œil bleu ciel piqueté de vert. Est-ce qu’elle était réellement le sosie de cette inconnue ? »
Peint à Vienne en 1910, le tableau de Gustav Klimt Portrait d’une dame est acheté par un collectionneur anonyme en 1916, retouché par le maître un an plus tard, puis volé en 1997, avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne en Italie.
Aucun expert en art, aucun conservateur de musée, aucun enquêteur de police ne sait qui était la jeune femme représentée sur le tableau, ni quels mystères entourent l’histoire mouvementée de son portrait.
Des rues de Vienne en 1900 au Texas des années 1980, du Manhattan de la Grande Dépression à l’Italie contemporaine, Camille de Peretti imagine la destinée de cette jeune femme, ainsi que celles de ses descendants. Une fresque magistrale où se mêlent secrets de familles, succès éclatants, amours contrariées, disparitions et drames retentissants.