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Dans ce second album autobiographique, Shaghayegh Moazzami, jeune femme iranienne installée à Montréal, retrace les quelques mois difficiles pendant lesquels, en pleine pandémie, elle a dû quitter son appartement pour un hôtel.
L’intrigue tourne autour du problème des rénovictions c’est-à-dire que sous couvert de travaux à effectuer et de danger probable, l’entreprise immobilière ayant racheté l’immeuble de l’avenue Ridgewood, poussent les locataires dehors, le but étant ensuite de pouvoir louer plus cher. Certains résistent, mais la bataille juridique est éprouvante, surtout pour Shaghayegh
qui malgré le fait d’être bien intégrée dans son nouveau pays, ne maîtrise pas la langue, le français. Après la douleur du déracinement vient la difficulté d’appartenance. De plus du fait de la pandémie, elle craint aussi pour sa santé, en plus de voir un système judiciaire fonctionné au ralenti.
Ce roman graphique met surtout l’accent sur la solidarité : entre locataires d’abord avec la tenue de réunions, et entre étrangers, iraniens ensuite, grâce à l’épicerie iranienne dans laquelle travaille Shaghayegh.
En racontant cet épisode de sa vie, Shaghayegh Moazzami raconte le parcours difficile d’une femme ayant quitté son pays, l’Iran, et son régime oppressif envers les femmes. Album où se mêlent féminisme et militantisme, donnant voix aux gens que le système économique tente de faire taire.
Un témoignage sincère et touchant qui m’a un peu perturbé aussi car il manquait d’action, tout semblait au ralenti. Pas de réel sentiment d’impuissance, juste une léthargie un peu néfaste au récit.
A l’inverse, la simplicité du dessin donne de la force à cette tranche de vie, dévoile une injustice sociale.
Présentation de l'éditeur
Février 2021, en pleine pandémie mondiale. Shaghayegh, iranienne vivant à Montréal depuis cinq ans, se voit brusquement sommée d’évacuer son appartement le temps que soient résolus de supposés problèmes de sécurité dans son immeuble. Celui-ci, situé avenue Ridgewood, vient d’être racheté par une société véreuse qui pousse ses locataires à partir. La plupart s’y refusent et décident de faire front.
Pour Shagha, qui ne maîtrise pas le français, les procédures judiciaires qui s’ensuivent, compliquées par les mesures de distanciation sociale, sont éprouvantes. Elle qui avait peu à peu reconstruit sa vie après avoir fui un pays liberticide se trouve à nouveau dans une situation de grande instabilité, qui réveille des angoisses et des souvenirs douloureux. Quelques éléments de réconfort : le dessin, Ben et son amitié solide, l’atmosphère chaleureuse de l’épicerie iranienne où elle travaille, le soutien de travailleurs sociaux et de certains voisins – dont une voisine qui lui apprend qu’en français, Shaghayegh se traduit « coquelicot ».