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Silence sur le quai - Alain Bujak & Elliot Royer

Silence sur le quai retrace l’histoire de la ligne ferroviaire Béziers–Neussargues, qui traverse les paysages variés de l’arrière-pays méditerranéen. L’album raconte la menace de fermeture qui a longtemps pesé sur cette ligne essentielle, non seulement pour les déplacements quotidiens, mais aussi pour le fret qui permettait de maintenir en activité plusieurs entreprises locales.

Son maintien n’a été possible que grâce à la mobilisation conjointe des usagers, des maires et des cheminots, souvent très attachés à leur région. Le récit met en lumière la pression exercée par le développement du TGV, qui fragilise ces petites lignes serpentant de village en village. Il éclaire aussi les enjeux politiques, économiques et écologiques, sans oublier leur dimension sociale : fermer une telle ligne, c’est accentuer l’isolement d’une partie de la population.

À travers ce témoignage documentaire, l’album rappelle combien une ligne de chemin de fer peut être un véritable lien vital pour un territoire et ses habitants. Grâce à son style réaliste, le lecteur se retrouve plongé dans l’atmosphère des petites gares et des paysages qui invitent au voyage. Cette lecture m’a ramené à mes souvenirs d’enfance et a ravivé cette « vieille » envie de longs trajets en train, passés à contempler le paysage qui défile lentement derrière la vitre.

Mais au-delà de la beauté des dessins, ce récit-reportage soulève des questions essentielles sur le progrès technologique et ses conséquences, notamment sur la désertification de certains territoires ruraux.

Présentation de l'éditeur

La ligne Béziers Neussargues, est unique. Elle est sans doute la seule à offrir à ses voyageurs une telle diversité de paysages, en partant de l’arrière-pays méditerranéen, en traversant le causse du Larzac, pour arriver en moyenne montagne. À travers les fenêtres de ce train, c’est aussi les inégalités d’aménagements du territoire qui défilent. La concentration d’énergie et de moyens consacrés au développement des métropoles, a été proportionnelle au sentiment d’abandon des territoires ruraux éloignés des centres économiques.
La menace de fermeture de ces petites lignes met en évidence les contradictions et les volontés d’un état jacobin, qui s’empare d’une pensée environnementale, en annonçant sa volonté de voir diminuer la circulation automobile et le transport routier. Dans le même temps, il se désengage du service ferroviaire. Le changement climatique, et le virus sont passés par là ! Les citadins veulent quitter les grandes villes, où flambe l’immobilier. Ils sont nombreux à vouloir trouver un peu d’air, un havre de paix à la campagne. C’est toute une « tribu » écolo-citadine qui rêve de villages à la fois authentiques et connectés. Une vision idéalisée, mais qui relance les questionnements sur le devenir de ces territoires. Ils retrouvent de l’attractivité, un regain d’intérêt. La nécessité de desservir ces villes et ces villages se confirme.

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