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Récit autobiographique signé Cookie Kalkair, Merveilleux ! explore avec sensibilité les thèmes de la maladie, du handicap et de la place d’aidant. Installé au Québec, l’auteur apprend que son père vient de faire un AVC. Il traverse alors l’Atlantique pour rejoindre sa famille et retrouver une demi-sœur qu’il n’a pas vue depuis de nombreuses années. Sur place, il découvre un père dont la parole s’est brisée : les mots qui lui échappent ne correspondent plus à ce qu’il veut dire, comme si sa pensée ne parvenait plus à franchir le seuil du langage.
Le récit s’attache à cette période qui s’étend de la sortie de l’hôpital à la métamorphose des liens familiaux : la lente reconstruction d’un foyer qui s’était peu à peu dispersé. Un rapprochement s’esquisse alors, né malgré le drame… ou peut-être, en partie, grâce à lui. Ce qui rend ce roman graphique particulièrement intéressant, c’est son ton : sans pathos, légèrement teinté d’humour, et porté par une manière très limpide d’exposer les faits.
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On ressent dans tout l’album une forme de sobriété face à l’épreuve — une retenue qui touche autant le malade que la famille et les proches qui l’accompagnent. Chacun affronte la situation à sa façon, le récit met en lumière la force tranquille du soutien, les silences solidaires, et la présence rassurante de l’entourage, même lorsqu’ils ne savent pas toujours quoi dire ou faire.
J’ai beaucoup apprécié cette approche, portée par une narration fluide qui parvient à englober tous les aspects de la maladie et du handicap qui en découle comme ceux du soutien. Un roman graphique qui montre comment une maladie, un handicap soudain — un véritable accident de parcours, comme on dit — peut bouleverser et transformer l’ensemble d’une famille, et parfois resserrer les liens.
Présentation de l'éditeur
« Je n'ai jamais été très proche de mon père. Un océan nous sépare. Littéralement - depuis que je vis au Québec. Pourtant, lorsque j’apprends son AVC, je saute immédiatement dans un avion. À l’hôpital, dans un temps suspendu, je retrouve une petite soeur que je n’ai pas vue depuis des années. C'est l'attente... et le couperet tombe : notre père restera aphasique, il a perdu l'usage de la parole. Il lui reste à peine quelques mots... dont “Merveilleux”. »
Alors que Cookie et ses proches réalisent peu à peu les conséquences de cet événement, tous doivent apprendre à vivre avec le handicap. Mais dans la tragédie, les réactions de chacun se révèlent parfois inattendues.
Ce drame pourrait-il être une nouvelle chance ? La chance de se parler, de renouer les liens et de construire ensemble une nouvelle famille…